esprit

#épigraphe de la semaine/
Chaque mot est comme une tache inutile sur le silence et le néant.
Samuel Beckett

& le dernier texte ici !

La différence entre un énarque et un train, c’est que quand il déraille, le train, lui, s’arrête. (post relevé en commentaire le 29 octobre 2020)
Éminemment éclairant sur la méthode : La guerre des mots de Selim Derkaoui & Nicolas Framont aux éditions le passager clandestin (octobre 2020, 244 p.)

Actuellement sous perfusion photonique :
Pierre Muckensturm à l’Espace Malraux (Colmar) ouverture reportée à début mars 2021 ? => vidéos de l’accrochage de l’exposition ici et de l’impression du portfolio là.

et toujours en berne :
Soulages, Peintures 1946 – 2019 au Museum Frieder Burda (Baden-Baden) du 17/10/2020 au 28/02/2021 => confinée
L’œil de Huysmans au MAMCS jusqu’au ??/2021 => confinée
Avedon–Baldwin: Entretiens imaginaires repris au Musée Würth (Erstein) le 7/03/2021 ???
Christo et Jeanne-Claude au Musée Würth (Erstein) jusqu’au 20/10/2021 => confinée


Auschwitz n’est pas tombé du ciel soudainement,
Auschwitz trottinait, marchait à petits pas, se rapprochait,
jusqu’à ce qu’il arrivât ce qui est arrivé ici.
Marian Turski, survivant d’Auschwitz

Un site… parmi tant d’autres.

Internet fonctionne ainsi. Par sédimentation.

Une page recouvre la précédente. Celle du jour fait oublier celle de la veille condamnée à l’oubli, car elle a le malheur d’être ancienne. Terriblement ancienne.
Chaque minute, des milliers de pages, des milliers d’occurrences nouvelles sont référencées par les moteurs de recherche. Un raz de marée qui ne reflue jamais. Absolument jamais.
Le vrai métier du net n’est pas la publication, mais le référencement. Vous créez, vous êtes archivé. Une frénétique gestion du quantitatif.
Nombre de photos, de like, de vues, de commentaires, de jours, etc.

Cette quantité condamne à l’insignifiance.

Référencement donc. Pas simple compilation, car il s’agit d’accrocher des bouées pour que le site se maintienne à la surface de cet océan et espère éclabousser quelques surfeurs.

Le net n’aime pas la profondeur.

Le virtuel est comme la lumière : rapide, éblouissant, fugace surtout.

Espace mouvant et pourtant tangible, ancré.
Nos sites, nos pages nous suivent d’une ville à l’autre, d’une femme (ou d’un homme) à l’autre, d’une activité à l’autre, d’une vie à l’autre. Elles remplacent la mémoire moribonde des monômes que nous sommes devenus et qui n’ont plus que les photons pour se socialiser.
Souvenirs lacunaires, traces digérées par le langage binaire qui condamne l’humain à n’être plus qu’une suite sérielle de 1 et de 0 enregistrée dans les fermes de données.

Un destin tristement arithmétique que ces pages tentent de conjurer par un peu de sens.

Un espace de fugacité durable ?

Luc Maechel


L’esprit se décline au pluriel. Dans cet espace, vous trouverez
des images… transcrites par les mots ou préméditées par le hasard,
des regards… sur d’autres images ou
des miroirs… de cinéma,
les εphεmεrides… d’articles parus aussi sur papier,
des mots, des choix arbitraires pour tenter d’accéder à l’essentiel,
des passerelles… vers d’autres voyages, d’autres itinéraires, d’autres humains, chéris ou attentifs.


#envie d’en parler, d’écrire…