Conques en Rouergue

Une demi-douzaine de tourelles, un modeste château, des maisons médiévales dressés autour de l’abbatiale dont les contreforts scandent la verticalité. Et les martinets qui tournent et trissent, lui donnent des airs de citadelle affrontant les éléments. Cette mise en scène suscitée par un site escarpé imprime un élan gothique au geste roman de Sainte-Foy.

L’intérieur est épuré, sérieux. Quelques statues, une tête de temps à autre, des chapiteaux historiés quand même et les volumes qui apportent un peu de complexité surtout au chevet.
Les vitraux de Soulages complètent cette austérité quasi cistercienne et préservent la pureté de la lumière. De l’extérieur, ces baies affleurent sur la pierre blonde comme des plaques de givre.

Du médiéval, demeure la proximité avec le tympan et son humour grinçant offre un joyeux contraste malgré la parousie qu’il illustre.
Le Christ cérémonial dans sa mandorle glisse vers l’enfer, mais les archanges veillent sur le Sauveur et lui épargnent la proximité des démons.
Aux registres inférieurs, les diablotins trichent, convoitent, lorgnent vers les élus. Le plus allumé alimente la bouche d’enfer au propre et au figuré.
Côté bienheureux, si un ordonnancement d’arcades évoque l’église matérielle comme immatérielle, des lampes à huiles y ramènent la familiarité du foyer. Le paradis n’est pas si loin du chez soi…


#envie d’en parler, d’écrire…