esprit

#épigraphe de la semaine/
C’est beau, la terminologie politique. Quand on ne sait pas où l’on va, on trouve une formule, et la formule, magiquement, vous justifie.
Robert Merle (Derrière la vitre, 1970)

& le dernier texte ici !

La différence entre un énarque et un train, c’est que quand il déraille, le train, lui, s’arrête. (post relevé en commentaire le 29 octobre 2020)
Éminemment éclairant sur la méthode : La guerre des mots de Selim Derkaoui & Nicolas Framont aux éditions le passager clandestin (octobre 2020, 244 p.)

Sous perfusion photonique jusqu’à mercredi prochain :
#Yan Pei-Ming – Au nom du père au Musée Unterlinden (Colmar) du 19.05 au 11.10.2021 => L’artiste était présent avec Frédérique Goerig-Hergott, commissaire de l’exposition, lors de l’inauguration de l’exposition le 1er avril ; le musée propose des évènements sur son site et ses réseaux sociaux et accueillera le public à partir du mercredi 19 mai…
#Pierre Muckensturm à l’Espace Malraux (Colmar) du 19 mai au 26.09.2021 => vidéos de l’accrochage de l’exposition ici et de l’impression du portfolio là.
#Christo et Jeanne-Claude au Musée Würth (Erstein) jusqu’au 20/10/2021
#Des herbes folles au Ceaac (Strasbourg) du 8.01 au 16.05.2021…

#Créer aujourd’hui, par Ballet de l’Opéra de Paris avec l’exceptionnel Brise-Lames de Damien Jallet (à partir de 34′), captation accessible gratuitement jusqu’au 30 juillet sur le site de France Télévision (inscription nécessaire).


Auschwitz n’est pas tombé du ciel soudainement,
Auschwitz trottinait, marchait à petits pas, se rapprochait,
jusqu’à ce qu’il arrivât ce qui est arrivé ici.
Marian Turski, survivant d’Auschwitz

Un site… parmi tant d’autres.

Internet fonctionne ainsi. Par sédimentation.

Une page recouvre la précédente. Celle du jour fait oublier celle de la veille condamnée à l’oubli, car elle a le malheur d’être ancienne. Terriblement ancienne.
Chaque minute, des milliers de pages, des milliers d’occurrences nouvelles sont référencées par les moteurs de recherche. Un raz de marée qui ne reflue jamais. Absolument jamais.
Le vrai métier du net n’est pas la publication, mais le référencement. Vous créez, vous êtes archivé. Une frénétique gestion du quantitatif.
Nombre de photos, de like, de vues, de commentaires, de jours, etc.

Cette quantité condamne à l’insignifiance.

Référencement donc. Pas simple compilation, car il s’agit d’accrocher des bouées pour que le site se maintienne à la surface de cet océan et espère éclabousser quelques surfeurs.

Le net n’aime pas la profondeur.

Le virtuel est comme la lumière : rapide, éblouissant, fugace surtout.

Espace mouvant et pourtant tangible, ancré.
Nos sites, nos pages nous suivent d’une ville à l’autre, d’une femme (ou d’un homme) à l’autre, d’une activité à l’autre, d’une vie à l’autre. Elles remplacent la mémoire moribonde des monômes que nous sommes devenus et qui n’ont plus que les photons pour se socialiser.
Souvenirs lacunaires, traces digérées par le langage binaire qui condamne l’humain à n’être plus qu’une suite sérielle de 1 et de 0 enregistrée dans les fermes de données.

Un destin tristement arithmétique que ces pages tentent de conjurer par un peu de sens.

Un espace de fugacité durable ?

Luc Maechel


L’esprit se décline au pluriel. Dans cet espace, vous trouverez
des images… transcrites par les mots ou préméditées par le hasard,
des regards… sur d’autres images ou
des miroirs… de cinéma,
les εphεmεrides… d’articles parus aussi sur papier,
des mots, des choix arbitraires pour tenter d’accéder à l’essentiel,
des passerelles… vers d’autres voyages, d’autres itinéraires, d’autres humains, chéris ou attentifs.


#envie d’en parler, d’écrire…