sables d’Oman

Du Jebel ach-Chams à la mer d’Oman, du rouille mordoré au blanc éblouissant, le désert du Wahibah glisse vers l’océan Indien pour des noces indifférentes.
En apparence.
Le matin, sable et toiles sont bien mouillés : la masse océanique est perceptible même à l’intérieur des terres.

Une journée de quatre-quatre suffit pour la traversée. Les pneus laisseront leurs empreintes parmi les interminables parallèles tirées entre deux théories de dunes. Ces stigmates de modernité mangés par l’horizon renforcent le sentiment d’immensité de cet espace éternellement provisoire.

Le marcheur y laisse aussi ses pas. Fugitivement. Dans un imperceptible poudroiement, le désert les recouvre délicatement. Comme un raz de marée immobile. Quelquefois il les préserve pendant des jours, des semaines peut-être, puis, dans une foucade, il rabotera tout sur son passage.

Le vent abrase, ravine. Le gel délite, crevasse. L’insaisissable et l’immatériel sont à l’œuvre.
Le désert – on devrait dire les déserts – est une meule gigantesque capable de broyer une montagne. C’est la mort au travail, la mort qui avance en majesté.
C’est aussi une expérience du temps, essentielle.
La mort ne met-elle pas un terme à notre temps ?

Merci à Sophie, notre guide française si attentionnée, Hussain, pilote virtuose, et Hahmoud de Couleurs d’Oman.


#envie d’en parler, d’écrire…